L’égout et les couleurs à Cassis

Cassis, son petit marché de provence à la Gilbert Bécaud , son parc des calanques… ça c’est pour la poésie et pour les touristes.

Le tourisme représente 125 millions d’euros de retombées économiques pour Cassis, et environ un million de visiteurs par an.

images-40Cassis et ses égouts, Cassis et ses boues rouges, ça c’est pour le foutage de gueule :

« Tout ce qu’on jette aux chiottes finit dans les Calanques »

A quelques mètres sous l’eau, un nuage noirâtre s’échappe de la canalisation et attire tous les petits poissons de la baie. Le plongeur en apnée se pince le nez devant l’épaisse nuée qui sort du tuyau : « Macro-déchets, détritus en tout genre, matière fécale… » Par vent de sud à est, tout est ramené vers la plage.

 La SEM (Société des eaux de Marseille), qui gère la station d’épuration, reconnaît qu’il s’agit bien des eaux usées rejetées à la pointe du Corton. Curieusement, le groupe en est même fier. Le directeur général adjoint explique ainsi :

« La canalisation est en parfait état. Elle ne constitue en aucun cas une atteinte à l’environnement. Le panache observé dans la vidéo correspond à une situation normale de la station en fonctionnement. »

Et bon appétit si vous achetez votre poisson frais sur le port…

Comme toutes les villes et villages du littoral. Cassis. 8000 habitants et facilement le double en été, rejette en mer ses eaux usées (3000m3 par jour après un passage. lorsqu’il ne pleut pas, à la station d’épuration de type physico-chimique).
Il faut savoir que ce type d’épuration ne traite pas tout ce qui est nitrates, phosphates (lessives), métaux lourds comme le cuivre dans les vignes, pesticides en tous genres, non biodégradables, et surtout bactéries et virus.
Ces petites bêtes microscopiques ont la vie dure.
Lorsqu’elles se retrouvent en milieu marin, un milieu étranger au moins pour celles qui sont pathogènes, elles sont prises en compte par les courants et entrent dans une situation dite de « dormance « , c’est à dire qu’elles ne trouvent pas là de quoi proliférer.
Le bouillon de culture ne leur convient pas.
Par contre, dès qu’elles vont rencontrer un quidam à 37°5 de température, genre baigneur, elles vont retrouver leur capacité de démultiplication, de prolifération et donc de contamination.

http://www.cassis-forum.com/dossier_old/station.htm

Sur le schéma ci-contre, on peut voir que l’émissaire de la station d’épuration, qui rejette par 7mètres de fond. se trouve à peine à 500 mètres de la grande plage de Cassis et à 200 mètres de la plage du Corton.
La proximité de ces rejets des lieux de baignade ou d’activités nautiques- en particulier destinées aux enfants-pose un réel problème qui ne peut être négligé.

A propos de la qualité des eaux de baignade, un contrôle sanitaire régulier est assuré par la DASS (direction des Affaires Sanitaires et Sociales). Des prélèvements et des analyses sont faits systématiquement.
En ce qui concerne les analyses bactériologiques, elles ne se font qu’une fois par semaine pendant la période estivale et une fois par mois pour les virus et salmonelles.
Le technicien de prélèvement commence sa tournée à 8 heures du matin et doit ramener, avant midi, ses flacons au laboratoire. (à Marseille)
Dans la pratique, cela se traduit par: plage de Cassis entre 9h et 10h prélèvements d’eau à 50cm de fond et à 5 m du rivage.
A cette heure matinale en période de beau temps, nous sommes dans une configuration météorologique dite anticyclonique.
Il fait beau et chaud, tout le monde ira se baigner.
Entre le jour et la nuit, les différences de température entre la terre et la mer engendrent, la nuit, des brises de terre et, la journée, des brises solaires. La renverse de Ces effets thermiques se produit entre 10h30 et 11h30.
Cela veut dire qu’à l’heure ou ces prélèvements sont effectués, le panache de l’émissaire est poussé vers le large par les vents de terre et, à la renverse, celui -ci est ramené vers les plages du Corton ou de la Grande Mer, avec toute sa charge bactériologique, au moment ou il y a le plus d’affluence et les températures les plus élevées.
Il ne faut pas plus de 15 minutes à ces petites bêtes microscopiques pour parcourir les 500 mètres, atteindre la plage et retrouver leurs hôtes préférés. Depuis quelques temps, on peut lire dans la presse locale que, dans le cadre de son schéma global d’aménagement touristique et culturel, la ville de Cassis a des projets et en particulier la création d’une structure d’accueil polyvalente pour le tourisme nautique à la plage du Corton.

Nous supposons qu’il s’agit là d’un oubli parce que, comment imaginer la création d’une base nautique ou les enfants, sur leurs petits « optimists « , kayaks ou planches à voile, évolueront gracieusement à la sortie des égouts de la ville? (passage obligé).
Une telle innovation serait une Première assez remarquable en France.

Vous ne savez pas plonger, pas grave: petite video pédagogique.

http://tempsreel.nouvelobs.com/video/20160414.OBS8517/cassis-tout-ce-qu-on-jette-aux-chiottes-finit-dans-les-calanques.html

et il y avait déjà :

La fosse de Cassidaigne est utilisée depuis 1966 par l’usine d’alumine de Gardanne (alors Pechiney) pour rejeter ses résidus de bauxite.

Cette usine produit de l’alumine à partir de la bauxite via le procédé Bayer. Ce procédé est source de production d’une grande quantité de déchets appelés « boues rouges » (en raison de la couleur qui leur est donnée par une haute teneur en oxydes de fer). Ces « boues » sont composées de 5 % de résidus de bauxite et de 95 % d’eau.

Depuis 1966, les boues rouges produites par l’usine sont rejetées en mer via un pipeline enterré puis sous-marin, de 55 km de long, qui débouche à 7 km du trait de côte et par 320 mètres de fond dans la fosse de Cassidaigne, profonde de plus de 2 000 m5. Depuis un arrêté de 1996, pris par l’État français pour respecter la Convention de Barcelone, la quantité de rejets diminue. Aujourd’hui, 60 % sont envoyés en mer et 40 % sont traités à terre6.

Depuis 1967, ce sont des millions de tonnes de boues rouges qui ont été ainsi immergées, provoquant la colère ou l’indignation de nombreuses associations ou personnalités impliquées dans la pêche, l’environnement, l’exploration ou la protection des océans. En 1995 lors de la demande de renouvellement de l’autorisation d’occupation du domaine maritime par Péchiney, l’État a tranché à nouveau en faveur de l’industriel, l’autorisant à déverser ses résidus jusqu’en 2015 (plus de 40 ans de rejets). Cette autorisation s’est accompagnée de la mise en place par la préfecture des Bouches du Rhône et d’un Comité scientifique de suivi des rejets de Gardanne dont la mission consiste, d’une part, à acquérir une meilleure connaissance de l’impact et du devenir des résidus rejetés en fosse de Cassidaigne, et d’autre part, à rechercher des solutions de valorisation à terre de ces résidus7.

Tous les cinq ans, la direction de l’usine fait effectuer des relevés le long de la canalisation et à son ouverture. Les travaux menés par le Comité scientifique de suivi depuis 1995 ont conclu que :

  • la canalisation véhiculant les écoulements sert de refuge à de grands crustacés ou de poissons jusqu’à 250 mètres de fond,

  • les fonds marins touchés par les résidus restent diversifiés dans leur peuplement et peu perturbés par les rejets.

La qualité scientifique des travaux de ce comité est fortement contestée par un lanceur d’alerte, qui reproche au comité des méthodes d’étude inadaptées et des résultats biaisés écartant les études indépendantes, et qui dénonce son rôle partial comme instrument de communication au service des intérêts du donneur d’ordre8.

Au milieu des années 80, environ 1,04 million de tonnes5 étaient déversées en mer chaque année. En 2015, ce sont 6 tonnes d’aluminium, 83 kilos de fer, 11 kilos d’arsenic et 20 mg de mercure qui partent en mer chaque jour. Début 2016, l’autorisation est prolongée pour 6 ans.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fosse_de_Cassidaigne

http://www.lemonde.fr/pollution/article/2015/12/29/le-prefet-autorise-le-rejet-des-boues-rouges-dans-le-parc-national-des-calanques_4839315_1652666.html

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/12/30/01016-20151230ARTFIG00195-querelle-gouvernementale-sur-les-boues-rouges.php

Touristes voilà quelques adresses utiles:

Pharmacie Giordano Giusti   5 Avenue Victor Hugo · 04 42 01 70 19

Pharmacie du Val d’Or   3 Avenue Alphonse Daudet · 04 42 01 03 43
 Pharmacie Trossero 11 Avenue Victor Hugo · 04 42 01 70 03

et notre ami Pierrot c’est pas possible il était à Cassis quand il a écrit çà sur son pétrus tout boutonneux !

https://www.youtube.com/watch?v=oeCM3V2lqfw&list=RDoeCM3V2lqfw 

 

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